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LES FRUITS (5/5). F. CHARNUS

Source bibliographique: F. Moreau (éd.), Botanique, Pléiade, 1960.

Rappel: au sens strict, le fruit résulte du développement d'un ovaire (donc d'un carpelle ou ensemble de carpelles). La paroi de l'ovaire devient la paroi du fruit: elle prend le nom de péricarpe, les ovules fécondés constituant à terme les graines. Cette définition s'applique à tous les fruits déjà passés en revue.

Quand le péricarpe se développe en accumulant des réserves, le fruit est alors qualifié de charnu. Cette appellation de fruit charnu recouvre plusieurs types:

1. BAIES

Les baies, ou fruits à pépins, sont des fruits charnus dont tout le péricarpe est une masse pulpeuse, à l'exception des couches périphériques qui constituent une enveloppe mince. Les graines ou pépins se trouvent au contact direct de la pulpe.


Certains types de baies le péricarpe est bordé d'une écorce: on les appelle péponides. Cette baie caractérise les Cucurbitacées



Les héspérides des agrumes ont un péricarpe formé de deux partie charnues: une externe appelée flavedo (f) contenant des poches sécrétrices (ps) odorantes et l'autre interne appelée albedo (a) qui émettent vers le centre des poils riches en acide citrique et groupés en tranches.



2. DRUPES

Les drupes sont des fruits charnus, ou fruits à noyaux, dans lesquels le péricarpe est sclérifié à l'intérieur (scléroderme) au contact des graines, le plus souvent de la graine unique. Les drupes caractérisent les Rosacées: cerise, prune, pêche, abricot.


La noix est bien un fruit charnu dont le péricarpe, riche en tanin, s'appelle le brou. La noix sensu stricto est le sclérocarpe qui contient les cotylédons charnus issus de la graine.

Attention! Malgré les apparences, la datte et l'avocat sont des baies. Dans les deux cas, la graine, appelée improprement noyau, est directement au contact du péricarpe. Le scléroderme est inexistant ou vestigial.


3. FRUITS COMPOSÉS

Ces fruits résultent du groupement des fleurs d'origine, les inflorescences devenant des infrutescences. Les unités s'assemblent en un seul syncarpe. Exemple: union de petites drupes ou drupéoles dans le cas de la mûre et de la  framboise.





4. FRUITS POURVUS D'ANNEXES INDUVIALES

Dans de nombreux cas, le fruit, ou ce qui est appelé improprement ainsi, ne résulte pas seulement de la transformation de l'ovaire, mais aussi des organes du voisinage: pédoncule, calice, bractée etc.., toutes pièces appelées induvies.





Anacardium occidentale
Pomme cajou

Masse charnue appelée pomme cajou, portant un akène réniforme. La pomme résulte de la croissance du pédoncule floral




Fragaria
Fraise

Hypertrophie du pédoncule floral en thalamus, les carpelles étant transformés en akènes





Rosa
Cynorrhodon

Réceptacle invaginé abritant les akènes poilus.





Ficus carica
Figue

Réceptacle invaginé en forme de bouteille tapissé de fleurs se transformant en akènes.





Morus nigra
mûre

Glomérules d'unités contenant chacun un akène autour d'un calice transformé. 

 


Tilia

Le fruit vrai est une capsule au sein d'une cyme dont la base est soudée à une bractée foliacée se développant après la fécondation et pouvant atteindre 5 cm de long.








Malus
Pomme  (Piridon)
      
La pomme provient d'une fleur à 5 carpelles soudés contenant chacun deux ovules et insérés dans une coupe réceptaculaire. L'intérieur de la pomme est une vrai fruit avec péricarde, une drupe. Mais la partie charnue résulte du développement du réceptacle.


                  Ananas sativa

Fruit très complexe, masse ovoïde représentant une infrutescence dont les fruits (des baies) sont soudés. 











Physalis Alkekengi

Baie rouge intérieure de la taille d'une cerise, le vrai fruit. La vésicule piriforme externe est la transformation du calice aux pétales soudés.

LES FRUITS (4/5). F. SECS INDÉHISCENTS

Les fruits secs indéhiscents renferment généralement une graine unique (très rarement 2 ou plus), même s'ils proviennent d'un ovaire multiloculaire contenant plusieurs carpelles à l'origine. On peut les regrouper sous le terme général d'AKÈNES, certains d'entre eux ayant une dénomination particulière (Samares, Caryopses). 

En voici quelques exemples caractéristiques:








ERABLE

Akènes ailés groupés par deux




ORME

Akène entouré complètement par une aile membraneuse (on l'appelle une samare)



BIDENS

Akène portant de  arêtes barbelés s'accrochant au pelage des animaux





PISSENLIT

Akène avec aigrette de poils plumeux pour la dispersion par le vent




FRAISIER

Les akènes sont à la surface du fruit charnu, lequel dérive du réceptable de la fleur multicarpellaire.



EGLANTIER

Les akènes, poilus, sont à l'intérieur du fruit dérivé du réceptacle invaginé de la fleur multicarpellaire, fruit appelé cynorrhodon.



NOISETTE

Akène à péricarpe induré, correspondant à deux carpelles de chacun deux ovules, mais dont un seul se développe.




MAIS

Akène à péricarpe coriace et dur et graine adhérente au péricarpe. On l'appelle caryopse et il est caractéristique des Graminées
                                                                                         

LES FRUITS (3/5). F. SECS DÉHISCENTS

Source bibliographique: F. Dupont et F. Guignard, Botanique. Masson, 2007

Les fruits déhiscents sont les plus primitifs. Ils sont pluriséminés, c'est-à-dire qu'ils contiennent plusieurs graines. Leurs mécanismes de déhiscence sont spécifiques et donc importants en taxonomie. Les fruits secs déhiscents comprennent:

1. GOUSSES ET FOLLICULES

Elles proviennent d'un ovaire simple, chaque fruit étant issu d'un carpelle isolé.
La gousse est issue d'une même fleur (ex. Fabacées), tandis que le follicules résultent du regroupement de plusieurs fleurs (ex. Pivoine, Héllébore). 
La gousse s'ouvre par un double déhiscence (suturale et dorsale).
Le follicule s'ouvre par une unique déhiscence (suturale).





2. CAPSULES

Fruits provenant d'un ovaire syncarpé et d'une seule fleur. Elles peuvent être pluriloculaires quand elles sont issues de carpelles fermés, uniloculaires si elles proviennent de carpelles ouverts. Leur caractérisation taxonomique fait intervenir la placentation (voir billet antérieur) et le mode de déhiscence.


LES FRUITS (2/5): TYPES DE PLACENTATION

Source bibliographique:  A. Raynal-Roques, La Botanique redécouverte, Belin, 1994

Le placenta est le tissu qui porte les ovules et assure leur nutrition et leur développement dans le futur fruit. Il borde les carpelles et est vascularisé.

La placentation est la disposition des placentas ovulifères dans l'ovaire ou dans un fruit. Elle se retrouve chez tous les représentants d'une même famille: c'est donc un caractère taxonomique important.

Voici plusieurs types principaux de placentation: 


marginale


Placentas limités aux marges d’un carpelle libre refermé sur lui-même
ex : Légumineuses


pariétale



Placentas tapissant les sutures unissant les carpelles ouverts et associés pour former un ovaire uniloculaire
ex : Bégoniacées

axile


Carpelles refermés sur eux-mêmes, mais unis. Autant de loges que de carpelles. Placentas réunis au centre de l’ovaire
ex : Liliacées


axile à placentas intrusifs



Idem à précédent mais placentas formant cloisons surnuméraires divisant les loges ovariennes
ex : Cucurbitacées


centrale libre



Placenta dressé au milieu de la cavité ovarienne
ex : Primulacées

centrale

Idem au précédent mais ovaire cloisonné et placenta proté papr les cloisons
ex : Caryophyllacées

apicale

Un ovule unique suspendu au sommet de la loge ovarienne ex : Zostéracées

basale

Un ovule unique au bas de la loge ovarienne
ex : Chénopodiacées

LES FRUITS (1/5): APOCARPES ET SYNCARPES

APOCARPE = fruit composé de carpelles indépendants;

SYNCARPE = fruit formé de carpelles soudés entre eux en un organe unique.





Sources bibliographiques
L. Mangin, Cours élémentaire de botanique, Hachette, 1891
A. Raynal-Roques, La Botanique redécouverte, Belin, 1994

FLEURS - CARACTÈRES GÉNÉRAUX (4/4) DIAGRAMMES ET FORMULES

Ces quelques exemples pour illustrer la description des fleurs par le diagramme floral et la formule florale. Les deux éléments importants représentés ici sont le nombre de verticilles d'éléments floraux, et la mérie, c'est à dire le nombre de réplications de chaque élément dans un verticille.

Les spécialistes complètent cette formule avec d'autres éléments descriptifs. Ils seront repris à l'occasion de la description des espèces.




Fleur tétracyclique
= 4 cycles floraux
et pentamère (5 S et 5S)

1verticille de 5 sépales
1verticille de 5 pétales
1 verticille de 5 étamines
1 verticille de 2 carpelles

5S + 5P + 5E + 2C



Carotte (Daucus)
Lilas (Syringa)
Gentianes (Gentiana)
Liseron (Convolvulus)
Bourrache (Borrago)
P.de terre (Solanum)



Fleur pentacyclique
= 5 cycles floraux
et pentamère (5 S et 5P)

1 verticille de sépales
1 verticille de pétales
2 verticilles d'étamines
1 verticille de carpelles

5S + 5P + (5 +5) E +5C



Geranium (schéma)
Sedum
Œillet (Dianthus)
Erables (Acer)




Fleur multicyclique
et pentamère

5S + 5P +nE + nC



Renoncule (Ranunculus)



Fleur tétracyclique 
et tétramère

4S + 4P + 4E +4C

Pétales alterni-sépales
Etamines alterni-pétales
Carpelles opposi-pétales







Houx 
(Ilex Aquifolium)

Fleur tétracyclique et tétramère

4S + 4P + 4E +4C

Pétales alterni-sépales
Etamines opposi-pétales
Carpelles alterni-pétales




Bourdaine
(Rhamnus)

Source biblioF. Moreau. Botanique. Pleiade, 1960.

FLEURS - CARACTÈRES GÉNÉRAUX (3/4) POSITIONS DE L'OVAIRE



Sources biblio

F. Moreau. Botanique. Pleïade, 1960.
L. Mangin, Cours élémentaire de Botanique, Hachette, 1891